Sur le site web de la Banque Mondiale, on peut lire que "Le Groupe de la Banque mondiale a lancé un mécanisme de financement rapide doté de 1,2 milliard de dollars ... afin d’accélérer les apports d’aide aux pays qui en ont le plus besoin. Le GFRP a approuvé et commencé à décaisser, en date du 16 octobre 2008, 193 millions de dollars pour des projets dans 20 pays. Trois projets de 27 millions sont en cours d'approbation. 663 millions de dollars supplémentaires sont en cours d’affectation pour des programmes dans 11 autres pays."

On est impressionné par cette volonté d'intervenir, et nous savons gré à la Banque Mondiale de mobiliser des sommes conséquentes en faveur des crèves-la-faim plutôt qu'en celle des traders... Pour autant, notre enthousiasme est-il bien placé ?

Il faut croire que non, si on lit la presse. Ainsi, l'Express écrit que "les pauvres devraient être la catégorie la plus touchée par la crise économique mondiale", pendant que le gouvernement explique posément en quoi des gens meurent de faim et pourquoi il faut se mobiliser.

Au passage, on remarquera que rien ne nous informe sur les mécanismes qui ont mené à cette crise. Les produits de base flambent, les populations ne sont pas contentes. Et puis ? Où est la nourriture ? Il faut bien que des paysans produisent pour que les gens mangent. On ne fait pas marcher l'agriculture à coups de prêts ou de financements publics.

Selon la FAO, M. Diouf a averti que la réduction de l’aide et le recours à un protectionnisme en réponse à la crise financière mondiale pourraient accroître les probabilités d’une nouvelle crise alimentaire l’an prochain. Et ce, malgré la récolte céréalière record qui est désormais escomptée en 2008.

Le Sommet du G8 au Japon (en juillet 2008) a confirmé la résolution des dirigeants mondiaux d’affronter la sécurité alimentaire mondiale en tant que priorité absolue et a montré une volonté politique croissante d’inverser l’évolution alarmante de la faim dans le monde.

Le CADTM explique bien en quoi la crise alimentaire n'est pas un phénomène nouveau. "La terre, l’eau, les semences… ne sont plus un bien public car elles ont été privatisées," peut-on lire et comprendre.

Tout le monde s'accorde à dire que la planète peut couvrir les besoins alimentaires de tout le monde, mais on continue d'avoir faim au sud. Où est-ce qu'on mange, ce soir ?