Ulysse, débats à Eaubonne

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vendredi 14 novembre 2008

Se nourrir, un luxe ? les bases du débat

Avec Gilles LEMAIRE, membre du bureau d’Attac France

Au printemps de cette année, le Banque Mondiale (BM) sonne l’alarme. Des émeutes de la faim déferlent dans plusieurs pays pauvres : Haïti, la Côte d’Ivoire, l’Egypte, l’Ethiopie, les Philippines, l’Indonésie... Le gouvernement Haïtien est ainsi renversé.

Pour cela, la BM ne voit qu’une solution : une aide d’urgence de 1 milliard de dollars aux pays du Sud. Et les prévisions sont pessimistes.

Aujourd’hui, avec le crack boursier et les fonds accordés aux établissements financiers, cette aide n’a toujours pas été versée.

Quelle est l’ampleur de cette crise alimentaire ?

Quelles sont les causes de ce « tsunami » de la malnutrition ?

Comment peut-on en stopper les effets ?

Quelles sont les alternatives aux pratiques actuelles pour éviter la faim dans le monde ?

Au débat du printemps, la BM recensait 852 millions de personnes souffrant de la faim et de carences alimentaires graves. A ce jour, c’est près d’1 milliard de personnes touchées par ce fléau.

Pour 2/3 d’entre eux, il s’agit de paysans.
Les victimes de cette crise vivent dans des pays qui dépendent de l’importation alimentaire.
Quelques exemples de l’augmentation du prix des denrées alimentaires :
Le prix du riz a été multiplié par 2 au Sri Lanka et en Côte d’Ivoire et de 17 % en Inde au cours de l’année.
Au Mexique, en février 2008, le prix du maïs est multiplié par 4.

Quelles en sont les raisons :

1.La terre s’appauvrit. L’humus des sols diminue de façon préoccupante. La terre est donc de moins en moins fertile. Cela est dû à l’industrialisation de l’agriculture, aux raisons climatiques et à l’utilisation intensive de pesticides et herbicides.

2.Le réchauffement climatique. Aujourd’hui, plus personne ne peut nier le réchauffement de la planète dû aux Gaz à Effet de Serre (GES), le dernier rapport du GIEC par exemple en atteste. Même si les nations tenaient leurs engagements en matière de réduction de ces GES (diminution de 5,2 % d’ici 2012) , la température augmenterait au moins de 2 à 3 degrés durant ce siècle, entraînant la montée des eaux et l’inondation de grandes plaines comme celle du Bangladesh ainsi que la désertification d’autres régions du monde. La prochaine conférence sur le climat aura lieu en décembre prochain à Postdam en Pologne. Ce sera l’occasion d’un contre sommet organisé par le mouvement écologique mais la conférence la plus attendue est celle de 2009 où il sera question du renouvellement du protocole de Kyoto. Nous verrons alors si les Etats Unis sont prêts à faire des concessions.

3.La production des agro carburants comme l’éthanol qui viennent en diminution des surfaces cultivées pour les besoins alimentaires.

4.L’apparition d’une classe moyenne dans les pays dits émergents dont les habitudes alimentaires évoluent vers une alimentation carnée plus importante, d’où une demande plus forte. Rappelons qu’il faut 6 à 10 protéines végétales pour obtenir une protéine animale.

5.La spéculation financière. Suite à la crise de l’immobilier et son corollaire avec les prêts bonifiés appelés subprimes, les matières premières sont devenues une valeur refuge pour les investissements boursiers. Par exemple, les transactions sur les matières premières passées sur la bourse américaine atteignaient respectivement 13 milliards de dollars en 2003 et 260 milliards en 2008. Ce qui a bien sûr provoqué une augmentation des prix des matières premières et en particulier des céréales.

6.La constitution de stocks de céréales par certains pays, mais aussi par des entreprises agroalimentaires notamment en vue de spéculer sur ces produits.

7.Enfin, la destruction des agricultures vivrières remplacées par une agriculture vouée à l’exportation : café, cacao... C’est la BM et le FMI qui ont impulsé cette politique afin que les pays pauvres puissent rembourser leur dette. Notons que cette dette est déjà largement remboursée du fait des intérêts payés et que l’aide au développement ne couvre même pas les intérêts du remboursement de ladite dette. Cette politique est relayée par l’Organisation Mondiale du Commerce, laquelle prône la suppression des barrières douanières et la libéralisation des échanges (accords bilatéraux). Ainsi, les produits (fortement subventionnés) importés d’Europe ou des Etats-Unis sont moins chers que les productions locales.

Par conséquent, les causes de la crise alimentaire sont structurelles, et l’ensemble de ces crises (alimentaire, écologique, financière...) sont de plus imbriquées ensemble.

En juin, il y a eu une baisse des prix agricoles sur les marchés, mais ces mouvements de yoyo sur les prix ne permettent pas une politique agricole à long terme. Si les prix à la consommation augmentent, le prix d’achat aux agriculteurs diminue. C’est le cas en France notamment.

Quelles pistes pour endiguer cette crise ?

Revenir à la souveraineté alimentaire,
Une alimentation proche des populations pour réduire les effets négatifs sur l’environnement (transports),
Reconquérir des surfaces agricoles pour l’alimentation, et donc mettre un coup d’arrêt aux agro carburants,
Respecter les sols et revenir aux différentes techniques agricoles favorisant la biodiversité.
Voici quelques réponses structurelles. Mais elles ne permettent des changements que sur le long terme.

Dans l’immédiat, il faut :

Stabiliser les cours des produits agricoles et donc interdire les marchés à terme sur ces produits,
Sortir l’agriculture de l’OMC. Celle-ci ne doit pas être soumise aux règles du libre échange,
Débarrasser les pays pauvres du poids de la dette (voir les revendications du CADTM)

samedi 25 octobre 2008

Rencontre avec Rabah Ameur-Zaïmeche

Le cinéma Les Toiles de St Gratien organise une grande journée à ne pas rater, le

DIMANCHE 2 NOVEMBRE A 14 H

autour de la

trilogie RABAH AMEUR ZAIMECHE

Au programme

14 H : Projection de DERNIER MAQUIS suivie d'une rencontre avec le réalisateur

18 H : Projection de WESH WESH, QU'EST-CE QUI SE PASSE?

20 H : Projection de BLED NUMBER ONE

Tarif pour les 3 films : 9 euros

Cinéma Les Toiles
Place François Truffaut
95210 Saint Gratien
Renseignements : 01 34 28 27 96
Accès : RER C (direction Pontoise ou Montigny Beauchamp) Station St Gratien
A 15 (direction Cergy Pontoise) sortie Saint Gratien

vendredi 24 octobre 2008

La crise alimentaire

La crise s'étend au monde entier. La crise financière, partie du secteur immobilier aux Etats-Unis, a gangrené peu à peu l'ensemble du système bancaire mondial. Elle s'ajoute aux menaces contre tous les secteurs essentiels à la vie humaine, depuis le logement jusqu'à la santé, l'alimentation et le climat. Cette crise globale est accentuée par la généralisation de la spéculation à toute activité, à toute ressource et à la vie elle-même.

En moins de deux ans, le riz, le blé, le maïs, base de l'alimentation d'une majorité de la population mondiale, ont vu leurs prix s'envoler. On nous dit que c'est la faute aux Chinois, aux Indiens, aux Brésiliens, qui veulent manger trois fois par jour. Peut-on croire que la hausse de la demande peut provoquer une poussée aussi brutale des prix en l'espace de quelques mois ? En réalité, au fur et à mesure que les gérants de fonds de placement ont pris conscience que les titres financiers qu'ils possédaient risquaient d'être dévalorisés par la crise boursière, ils ont cherché des "valeurs refuges" comme les matières premières et les denrées alimentaires. En effet les prix de ces produits n'ont, à long terme, que peu de risques de baisser, parce que leur demande aura, dans l'avenir, tendance à augmenter. Cette tendance de fond s'est transformée en mouvement brutal qui frappe avec violence les populations les plus fragiles. Sur le continent africain et dans certaines parties de l'Asie, des émeutes de la faim ont commencé à éclater. En effet, les populations de ces pays sont à la merci de hausse de prix du fait de la politique du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale. Cette politique a consisté à imposer la suppression des subventions sur les denrées de base et l'affectation des meilleures terres à des cultures d'exportation au détriment des cultures vivrières. Aujourd’hui, les prix ne sont plus régulés, à cause de la libéralisation décidée par l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Circonstance aggravante : le monde va se trouver prochainement en panne de pétrole et de gaz. Au lieu de commencer à réviser nos modes de transport et nos systèmes énergétiques, la course aux agrocarburants est engagée. Les multinationales qui se sont emparées des ressources fossiles et les grands propriétaires terriens ont choisi : plutôt faire des profits en produisant de l'éthanol et du diester à base de plantes que de laisser les populations se nourrir. La spéculation sur la terre a donc un bel avenir devant elle ! !!!Pour endiguer la catastrophe qui s'annonce,

quelles sont les alternatives ?
Nous vous invitons à en débattre avec nous
au Café Philo à l'initiative des associations Ulysse et ATTAC 95 Sud

Le Jeudi 6 novembre à 20h30

Au Centre Culturel d'Eaubonne, L'Orange Bleue,
7 rue Jean Mermoz, 95600 EAUBONNE

avec Jacques Cossart,

membre du conseil scientifique d'ATTAC FRANCE

Pour plus d’informations : ATTAC Val d'Oise Sud
Espace Nelson Mandela 82 Bd du général Leclerc 95100 Argenteuil
Tél : 06 67 50 69 58 , Courriel : attac95sud@attac.org
Site internet : www.local.attac.org/attac95sud

lundi 20 octobre 2008

Où est-ce qu'on mange ce soir ?

Sur le site web de la Banque Mondiale, on peut lire que "Le Groupe de la Banque mondiale a lancé un mécanisme de financement rapide doté de 1,2 milliard de dollars ... afin d’accélérer les apports d’aide aux pays qui en ont le plus besoin. Le GFRP a approuvé et commencé à décaisser, en date du 16 octobre 2008, 193 millions de dollars pour des projets dans 20 pays. Trois projets de 27 millions sont en cours d'approbation. 663 millions de dollars supplémentaires sont en cours d’affectation pour des programmes dans 11 autres pays."

On est impressionné par cette volonté d'intervenir, et nous savons gré à la Banque Mondiale de mobiliser des sommes conséquentes en faveur des crèves-la-faim plutôt qu'en celle des traders... Pour autant, notre enthousiasme est-il bien placé ?

Il faut croire que non, si on lit la presse. Ainsi, l'Express écrit que "les pauvres devraient être la catégorie la plus touchée par la crise économique mondiale", pendant que le gouvernement explique posément en quoi des gens meurent de faim et pourquoi il faut se mobiliser.

Au passage, on remarquera que rien ne nous informe sur les mécanismes qui ont mené à cette crise. Les produits de base flambent, les populations ne sont pas contentes. Et puis ? Où est la nourriture ? Il faut bien que des paysans produisent pour que les gens mangent. On ne fait pas marcher l'agriculture à coups de prêts ou de financements publics.

Selon la FAO, M. Diouf a averti que la réduction de l’aide et le recours à un protectionnisme en réponse à la crise financière mondiale pourraient accroître les probabilités d’une nouvelle crise alimentaire l’an prochain. Et ce, malgré la récolte céréalière record qui est désormais escomptée en 2008.

Le Sommet du G8 au Japon (en juillet 2008) a confirmé la résolution des dirigeants mondiaux d’affronter la sécurité alimentaire mondiale en tant que priorité absolue et a montré une volonté politique croissante d’inverser l’évolution alarmante de la faim dans le monde.

Le CADTM explique bien en quoi la crise alimentaire n'est pas un phénomène nouveau. "La terre, l’eau, les semences… ne sont plus un bien public car elles ont été privatisées," peut-on lire et comprendre.

Tout le monde s'accorde à dire que la planète peut couvrir les besoins alimentaires de tout le monde, mais on continue d'avoir faim au sud. Où est-ce qu'on mange, ce soir ?

dimanche 12 octobre 2008

J'ai mal à l'hôpital : qu'est-ce qui s'est dit ?

Nous avons tenu le premier café de l'année dans les nouveaux murs de l'Orange Bleue, pas bien loin de l'Orangerie. Convivial et bien organisé, ce nouveau lieu nous a séduit. Le débat ne pouvait être que de bonne qualité...
Thierry de ATTAC a animé la soirée, en compagnie de Guillaume Mathieux (hôpital Henri Mondor de Créteil) et Maxime Defief (hôpital René Muret de Sevran). Tous deux ont convenu que la réforme actuelle de l'hôpital en France remonte à 1995, que M. Juppé a ensuite contribué à l'appliquer et que les textes qui vont être débattus dans les jours à venir par les députés ne sont pas nouveaux mais s'inscrivent bien dans une politique de long terme qui vise à faire entrer la santé dans une logique commerciale de profit.
70% du budget des hôpitaux sont consacrés aux salaires. Le domaine de la santé étant déficitaire, il est facile de l'organiser selon les règles qui prévalent dans l'entreprise : trop de salariés, pas assez de profit. La tendance est donc au rapprochement entre hôpitaux. Dans notre région, c'est Montmorency qui rejoint Eaubonne par exemple. Il semble que la population ne prend pas vraiment la mesure de ce que cela implique. Quelques exemples de résistance existent pourtant, à Carhaix entre autre, où 10.000 manifestants ont protesté dans une ville de 8.000 habitants.
Mais cette nouvelle organisation s'est soldée en 20 ans par la fermeture de 100.000 lits. La gériatrie est un domaine particulièrement malmené : les unités de soins palliatifs rapportent beaucoup d'argent, mais on n'hésite pas à déplacer un patient vers une autre unité s'il vit trop longtemps...
Cette logique financière s'applique bien sûr à tous et y compris ceux qui ne peuvent pas payer. Sans moyens, de nombreux malades ne peuvent accéder aux urgences et aux médecins. Les personnes ne disposant pas de mutuelle sont donc laissées de côté. La santé et bel et bien devenue une marchandise.
Les questions qui se posent sont simples : est-il utile de garder deux blocs opératoires ouverts la nuit à Argenteuil et à Montmorency ? Qu'économise-t-on en en fermant un ? Ce genre de questions, et surtout les réponses qu'elles entraînent vont amener 20.000 suppressions de postes en 2009. 50% des maternités ont déjà fermé en France ces dernières années selon une logique ne reposant plus sur la qualité des soins mais sur la maîtrise de la masse salariale.
Il existe encore des hôpitaux qui fonctionnent avec trois équipes, mais de moins en moins. On demande au personnel d'être présent plus longtemps, on ne reconnaît plus la qualité du travail effectué, on manque de temps pour accomplir un travail où l'humain joue un rôle essentiel. Actuellement, il y a en moyenne deux aides soignantes pour 50 patients. En pourrissant la situation, on prépare la population à accepter une privatisation de la santé selon le vieil adage : qui veut tuer son chien l'accuse d'avoir la rage.
A l'issue de cet exposé édifiant s'instaure un débat avec le public.
Une première question porte sur le déplacement des actes du public au privé. Comment cela va-t-il se faire ?
Cela ne va pas se faire, répond un des intervenants, c'est déjà fait ! 80% de la chirurgie est privée, y compris au sein des hôpitaux publics. On utilise les structures publiques pour faire travailler des chirurgiens qui pratiquent des dépassements d'honoraires de façon systématique.
Quid des médecins de ville et de leurs honoraires ? Les gens vont-ils aux urgences parce qu'ils n'ont pas les moyens de payer un médecin en ville ?
Les tarifs conventionnés bénéficient de la garantie de la Sécu. 22 euros pour une consultation chez un généraliste et 30 euros pour un spécialiste, c'est la base. Mais beaucoup de médecins ne sont plus conventionnés et pratiquent des honoraires libres. Les kinés par exemple, sont de moins en moins conventionnés. On pourrait penser qu'à l'hôpital on développe des services de kiné pour les patients qui n'ont pas les moyens de se payer une mutuelle. C'est l'inverse qui a lieu, on préfère encourager les kinés à exercer en ville. Il ne s'agit pas de stigmatiser les kinés, car on assiste au même phénomène dans tous les domaines : médecins, infirmières, toutes les professions de la santé fuient l'hôpital public. Cela a des conséquences catastrophiques puisque maintenant, seules les urgences sont devenues le dernier refuge des miséreux qui n'ont plus accès aux services de soins traditionnels.
Quelqu'un remarque que la fusion Eaubonne-Montmorency date de 1998, et que rien n'y a fait, ni les mobilisations, ni les manifestations. Toutes les activités de Montmorency sont transférées à Eaubonne. Il était prévu des travaux à Montmorency mais le sous-sol n'est pas stable. Les travaux ont donc été arrêtés mais pas le paiement de l'entrepreneur qui a reçu 300.000 euros chaque mois. 2.500 accouchements étaient pratiqués par an à Montmorency, on continue d'ailleurs d'y accoucher en ce moment. Mais le transfert de ce service à Eaubonne reste quand même d'actualité. On sait qu'à terme Montmorency sera fermé. Au Conseil d'Administration les débats sont rudes. Le transfert de la maternité est passé par 9 voix contre 6 et 3 abstentions... A plus long terme, Eaubonne sera en concurrence avec Argenteuil. Qui mangera l'autre ?
Une question se pose à propos des conséquences psychologiques de ces nouvelles façons de travailler. Les encadrants en gériatrie ont de plus en plus recours aux couches pour régler le problème de l'incontinence des personnes âgées. Quelqu'un qui demande à aller aux toilettes et qui ne peut y aller seul se retrouve avec une couche. Sa dignité est bafouée, et le personnel n'y peut rien, compte tenu qu'il est en sous-effectif.
La réponse est claire : sur les couches, il y a un indice de saturation. Tu n'as pas assez fait pipi, tu gardes ta couche ! La logique exigée à l'hôpital amène le personnel à assurer des actes techniques exclusivement. On laisse de côté la dignité et on laisse le patient dans sa dépendance à autrui. Tout au plus peut-on demander aux familles de pallier les manques du personnel... puisqu'on ne peut même plus aider un malade atteint de Parkinson à manger. On lui confie deux cuillères pour manger sa soupe.
Quelqu'un s'interroge sur la remarque d'un médecin qui déplore qu'on en arrive à privilégier une amputation au détriment d'une politique de prévention du diabète.
La seule réponse qui s'impose : ne tombez pas malade ! Il n'y a plus de politique de prévention, ni dans les écoles ni au niveau de la médecine du travail. Ce n'est pas rentable.
On demande à nos intervenants ce qu'il en est de la médecine psychiatrique. On y ferme des lits, on renvoie les patients chez eux (quand ils en ont un !) avec des pathologies graves.
Il y a 25-30 ans, on donnait beaucoup de médicaments aux malades, puis on a pris conscience que de vrais soins s'imposaient. On a donc développé une psychiatrie de relation au malade, avec un taux de réussite satisfaisant. La politique actuelle nous renvoie 30 ans en arrière, car faute de personnel, on résoud les problèmes à coup de psychotropes.
De plus, note quelqu'un, les bénéficiaires de la CMU sont souvent refoulés dans les hôpitaux et dans les pharmacies. De nombreux dentistes et orthophonistes refusent de prendre en charge les catégories défavorisées de la population. Les malades accumulent les pathologies alors que la loi est claire là dessus.
Pour conclure, Thierry attire notre attention sur le fait que la France n'est pas un cas isolé et que c'est toute l'Europe qui est touchée par des réformes radicales, comme en Allemagne ou en Belgique.
Nous publierons ici très prochainement les informations sur les mouvements en place pour lutter contre cet état de fait.

Pour en savoir plus :
Collectif national contre les franchises médicales
La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité
Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des Services publics

vendredi 3 octobre 2008

Groupami

Le site GROUPAMI souhaite faciliter les échanges sur les initiatives solidaires, innovantes, alternatives.

Le lien: GROUPAMI

Librairie la 23e marche

Située au 48 RUE DU GENERAL DE GAULLE à 95430 AUVERS-SUR-OISE. Des livres, des expos, des rencontres avec des auteurs...

Le site : La 23e marche

jeudi 2 octobre 2008

Entre les murs, avec l'auteur !

Séverine, du cinéma Les Toiles à St Gratien, communique :

Ce petit mot pour vous informer que la rencontre avec François Bégaudeau vendredi est déjà complète!! Les places ont été vendues en l'espace de quelques heures.

Si vous souhaitez rencontrer François et si votre désespoir est à son comble, sachez qu'il sera mardi 7 octobre à l'espace 1789, cinéma de St Ouen dans le 93, pas dans le 95 mais c'est pas très loin

TEL : 01 40 11 50 23

et mercredi 8 octobre au studio 66 c'est plus loin, c'est à Champigny

TEL : 01 41 77 10 34

Appelez-les vite, hier mercredi 1er octobre il leur restait encore des places!

jeudi 10 juillet 2008

1re Rencontre autour du polar : plus de photos

Commençons par vous présenter les auteurs :

Pierre CherruauPierre Cherruau





Marie-Claude DevoisMarie-Claude Devois





Eric Halphen Eric Halphen





Nicolas Jaillet Nicolas Jaillet





John-Erich Nielsen John-Erich Nielsen





Roland Sadaune Roland Sadaune





Les débats :

Débat n°1 Premier débat





Débat n°2 Débat n°2 bis Deuxième débat






Les gardes du corps :
Bodyguards





Et n'oublions pas le public :
Salle





mercredi 18 juin 2008

C'était comme ça à la Première Rencontre autour du Polar

Le président s'afficheOn pensait passer un bon moment avec nos amis, nos invités et si possible un peu de public sur un thème fédérateur. On a bien fait de penser ça, vu le succès de ce 14 juin. Plus de 100 personnes sont passées par l'Orangerie d'Eaubonne, ont parlé avec les auteurs, ont participé aux débats, ont écouté Eaubonne Jazz, ont acheté des livres et ont profité du bar.

Toute parée de noir et de jaune en l'honneur des couleurs de la Série Noire, la salle a accueilli en début d'après-midi nos auteurs invités. Tranquille, Didier Daeninckx est arrivé à pied, souriant. Quelques heures plus tard, on a constaté qu'il a bien aimé le contact simple et direct avec des gens qui apprécient ce qu'il écrit.

Eric Halphen discuteEric Halphen a lui aussi utilisé ses pieds pour rejoindre l'Orangerie (ils habitent tous Eaubonne ?), il s'est tout de suite intégré au dispositif. Professionnel un jour, professionnel toujours. Nos deux parrains étaient là, avec juste cette ponctualité digne des princes qu'ils sont.

Nos autres invités n'ont pas été en reste. Toute la troupe s'est pointée avec suffisamment d'avance pour apprivoiser la salle, s'installer et prendre ses repères. Notre organisation a fait le reste.

Daeninckx a faim !Il restait à savoir si des gens, dans ce pays, s'intéressent encore au polar. Cela s'est vérifié dans les minutes qui ont suivi l'ouverture de cette Première Rencontre. Sans se précipiter, les visiteurs ont commencé à affluer, discutant avec les auteurs, feuilletant les livres, passant d'un stand à l'autre tels les papillons estivaux qui colorent la nature de douces teintes variées. En d'autres termes, le bizness a bien fonctionné.

Un premier débat a eu lieu, animé par notre Président, et réunissant Eric Halphen et Didier Daeninckx. Le thème : qu'est-ce que le polar ? A cette question essentielle mais embarrassante, nos intervenants ont répondu que le polar, c'est la question posée à une société qui a de plus en plus affaire à la justice. Chacun de nous, en cette époque moderne, connaît la gendarmerie, la police, le tribunal et tutti quanti pour la simple raison que notre société est judiciarisée. Ce qui n'était pas le cas il y a encore cent ou cent cinquante ans.

Premier débatPourtant, Victor Hugo ou Maupassant ont écrit des polars, à leur façon et en une époque où ce genre n'existait pas. On peut aussi citer Edgar Poe pour ce qui est de la littérature policière avec une énigme à résoudre.

De nos jours, le polar est teinté de critique sociale, il sert à mettre en exergue les malfaçons de la société. Agatha Christie est loin, chassée par une écriture acide et en prise avec son temps.

Le débat a occupé nos invités un bon moment, après quoi ils sont retournés user leur stylo derrière leur barricade de livres.

Eaubonne JazzEaubonne Jazz a pris le relais en occupant la scène de l'Orangerie avec sa musique cool et détendue. Vibraphone, contrebasse et batterie ont fait planer sur la salle une atmosphère à la David Lynch, laissant aux bavards le loisir de parler aux auteurs et aux amateurs de jazz la possibilité d'écouter une musique de bon aloi et de qualité.

Le public a poursuivi sa promenade parmi les auteurs, ravis de discuter en toute convivialité avec des amateurs et des gens curieux. Pas de bousculade, pas de pression, pas d'émeute...

Est arrivé le second débat, qui a réuni Marie-Claude Devois, Nicolas Jaillet, Pierre Cherruau, Jean-Jacques Reboux, Roland Sadaune, et John-Erich Nielsen. Les auteurs se sont exprimés sur leurs spécificités et leur statut d'auteurs locaux. Sur ce sujet, on a bien compris qu'ils se sentent à l'étroit vis-à-vis des médias. Ces derniers façonnent l'image d'un auteur, et il suffit de dire d'un écrivain qu'il est valdoisien pour le cataloguer à jamais dans un genre qu'il n'approuve pas forcément.

Deuxième débatCela n'est pas le cas pour Marie-Claude Devois, qui écrit entre autres pour une maison d'édition locale et qui, dans ce créneau, travaille sur des thèmes régionaux.

Les autres intervenants se plaignent des médias et de leurs stéréotypes. Ils apprécient en revanche des journées comme celle-ci, dans la mesure où ils peuvent échanger avec un public large et diversifié.

Une spectatrice pose la question du polar américain, qui serait de meilleure facture que le polar français. Il ressort du débat qui s'installe que le marketing des grosses maisons d'édition impose des choix, et des auteurs d'une qualité parfois discutable...

Un aspect du débat porte sur le titre des ouvrages, aspect important du métier. Entre le fond et la forme, l'auteur-éditeur J.-J. Reboux raconte comment "Au bout du chemin" est devenu "Camino 999". On sent que les auteurs tiennent à leur intégrité mais qu'ils sont coincés par la promotion de leurs ouvrages. Le marketing impose des titres percutants, est-ce une compromission de l'admettre ?

Le public se déchaîne...Le polar, compte tenu d'une présence féminine plus que minoritaire, est-il un genre de mec ? La question n'est pas tranchée, Marie-Claude Devois assure qu'elle devine si un texte est écrit par une femme ou un homme.

Les auteurs masculins participant au débat sont étonnés par cette question, manifestement ils ne se sont jamais interrogé là dessus. Après quelques interventions, il ressort que les femmes sont plus crues, directes et vraies dans leur écriture. Les hommes seraient ... autres.

A 19 heures, les derniers spectateurs quittent l'Orangerie, nous saluons les auteurs et nous éteignons les lumières...

Plus de photos

mardi 17 juin 2008

JO 2008. Qu'est-ce qui s'est dit ...

On a reçu un type formidable, Alain Cadu, prof d'anglais à Niort et grand érudit en matière de JO. En effet, Alain a passé plusieurs années de passion à retracer les JO antiques et à les mettre en parallèle avec ceux de notre époque.

Première grande surprise : nos JO modernes n'ont rien à envier à leurs antiques racines en matière de marketing et de pouvoir. Pire, les JO antiques n'acceptaient que le vainqueur, le second et le troisième pouvaient disparaître. Etre vainqueur était le but ultime. Celui-là, on lui accordait la belle vie jusqu'à la fin de ses jours.

Par ailleurs, les JO antiques étaient une vitrine formidable pour les Etats et les villes participantes. On présentait des champions qui établissaient la puissance de leur provenance. On songe aux pays de l'est qui participaient aux JO modernes durant la Guerre Froide...

Alain Cadu nous a également entretenu du fait que les JO antiques ont duré légèrement plus longtemps que nos Jeux modernes : 291 éditions entre 776 avant JC et 393 de notre ère, soit quand même plus de 1000 ans de Jeux sans jamais aucune violation du site, malgré les guerres.

Dans l'antiquité, les Jeux ont eu lieu à Olympie bien sûr, mais aussi à Delphes, Némée, Corynthe et Athènes. C'est à Olympie que se déroulaient les Jeux Olympiques à proprement parler. Là se réunissaient quelques 50.000 spectateurs, masculins pour l'essentiel, venant de contrées parfois lointaines. Les femmes a priori étaient exclues du public et des épreuves, mais les femmes de mauvaise vie fréquentaient le site, et quelques épreuves ont été ouvertes au sexe faible, dédiées à Era.

La nudité des athlètes a été admise rapidement, le climat et la civilisation de l'époque n'y accordant aucun intérêt. Ne participaient aux épreuves que les aristocrates, et le premier recevait une couronne tressée de laurier ou d'olivier comme récompense sur le terrain...

Les compétitions étaient centrées autour de l'athlétisme, de la lutte et des courses de chars. Les stades n'étaient pas circulaires comme aujourd'hui, les athlètes devaient donc courir en ligne droite, passer une borne et revenir à fond de train. Quant aux lutteurs, c'était parfois la mort de l'adversaire qui déterminait le vainqueur. Ainsi, Arachion est le premier lutteur mort a avoir été proclamé vainqueur : son adversaire a fait le signe aux juges de son abandon alors qu'il avait étranglé le pauvre Arachion...

On peut penser que la tricherie est un signe moderne des JO, il n'en est rien. Le pire tricheur a été Néron, l'empereur Romain, qui a participé aux JO avec 6 victoires gagnées en maltraitant le règlement des Jeux.

A cette époque, les Jeux n'étaient plus grecs, mais romains. Les empereurs voulaient marquer de leur empreinte la tradition des Jeux.

C'est le christianisme qui a mis fin aux Jeux, en 393, parce que païens. Il reste des foules de sculptures, souvent démembrées mais bien réelles qui témoignent de l'importance des Jeux. Souvent, la sculpture et la peinture ont pris comme modèle les athlètes des JO.

C'est en 1900 que les premières athlètes féminines sont entrées dans les Jeux modernes, c'est-à-dire lors de la deuxième olympiade. En toute logique, si l'on s'en tient au principe antique, les JO modernes devraient se tenir tous les quatre ans au même endroit, sur un site marqué par les valeurs sportives et religieuses.

Alain Cadu prépare un livre sur cette histoire tumultueuse et passionnante, nous ne manquerons pas de vous faire part de sa parution.

Merci à Colette pour ses notes.

mardi 20 mai 2008

29 mai : on en parle sur 98,0 FM

Le 29 mai, idFM Radio Enghien (98,0 FM) reçoit Jean-Jacques Reboux (éditeur et auteur), Roland Sadaune (auteur) et Alain Mornac (président de l'association Ulysse) à l'occasion de la Première Rencontre autour du polar d'Eaubonne.
L'émission s'intitule "En direct avec vous", horaire de diffusion : de 9h15 à 10h
Tous à vos postes !

samedi 12 avril 2008

3 avril 2008 : qu'est-ce qui s'est dit ?

Une nouvelle fois, Laurent Bonelli nous a épaté avec une analyse limpide du concept d'insécurité.

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dimanche 23 mars 2008

Un peu d’étymologie et d’histoire des mots…

Les mots ont leur importance, il est utile d'en connaître l'origine et leur signification...

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vendredi 7 mars 2008

6 mars : qu'est-ce qui s'est dit ?

On a reçu deux intervenants de qualité ce jeudi. Vous avez donc raté une belle soirée au cours de laquelle un débat de haute tenue a eu lieu.

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Qu'a à dire Laurent Bonelli ?

Sociologue, L. Bonelli écrit régulièrement dans Le Monde Diplomatique, Manière de Voir ou sur le site www.conflits.org. Il a publié également quelques ouvrages, dont vous trouverez les références en fin de billet.

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lundi 3 mars 2008

La France a peur !

C'est le titre du nouveau livre de Laurent Bonelli, et le thème qu'il développera en notre compagnie.

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mardi 19 février 2008

Retrouvez Frédérick Pocquet !

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« Ses thèmes de prédilection ? L’enfant, la femme, l'homme dans toute son ambivalence, ses failles et sa fragilité. Une langue sans artifice, concise, où la juxtaposition des vocables fait sourdre en permanence l'image poétique. La matière est là, en attente d'être exploitée pour le plus grand bonheur de ceux qui découvriront, un jour, un certain Frédérick Pocquet... »
Chorus, Les Cahiers de la Chanson

Les 21 et 22 mars 2008 à 20H30
Avec Emilie Duchesne (flûte traversière, percussions et bulles de savon) et Laurent Thillier (guitare)
A l'Essaïon
6, rue Pierre-au-Lard
75004 Paris
Tarifs : 17,5 € tarif plein ou 11,5 € tarif adhérent (réserver)

Culture en exil : qu'est-ce qui s'est dit ?

Quelques pistes de réflexion suivies au cours de cette belle soirée en présence de Kazem Shahryari...

L'homme Kazem Shahryari a créé l'Art Studio Théâtre (120 rue Haxo, Paris 19e) et anime des ateliers de poésie dans les collèges et les lycées. Il s'intéresse aux langues (en parle 7), à l'histoire, à la culture, à l'art... Il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, de nouvelles, de poèmes...

Son engagement Au cours des ateliers d'écriture, il cherche à transmettre son expérience, à présenter des possibilités insolites aux jeunes pour leur montrer que beaucoup de choses sont possibles si on le décide. « On ne peut pas apprendre à quelqu'un mais on peut apprendre de quelqu'un, on ne peut pas être le maître de quelqu'un mais on peut être le disciple de quelqu'un. »

L'Iran Avant de quitter son pays, Kazem Shahryari est arrêté une vingtaine de fois sur des scènes de théâtre. Il est aujourd'hui condamné à mort en Iran. La littérature iranienne est surtout constituée de poésie et comporte très peu de prose. La poésie est dans le peuple, même les analphabètes connaissent des vers par coeur. Les Iraniens sont imprégnés de la beauté délicieuse et farouche de leur langue. L'Iran ne connaissait pas l'islam, c'était un pays païen qui ne vénérait pas ses religieux. L'emprise de l'islam est le résultat de la stratégie anglo-saxonne de créer une ceinture verte anti-communiste, d'utiliser la religion comme une arme aveugle. Mais cette ceinture verte réclame aujourd'hui un pouvoir indépendant.

L'histoire « On ne peut pas cracher sur ses racines. Je ne suis qu'une branche, des crimes sont enterrés sous les racines de mon arbre. » On porte la responsabilité de son passé. L'oubli du passé présage des tragédies à venir. Si l'on perd un maillon de l'histoire, on laisse à d'autres la possibilité de manipuler cette dernière. Il ne faut pas laisser le mensonge et l'hypocrisie s'installer.

La violence Kazem Shahryari a été brutalisé à l'occasion de ses arrestations. Une expérience qui l'a profondément marqué. Il a alors décidé de ne plus jamais frapper le premier. Et s'est attaché à la nécessité d'isoler la violence, la manipulation, pour les comprendre, les analyser.

Le combat de la poésie La chose la plus importante dans la vie, c'est la liberté, le bonheur et le plaisir d'inventer l'instant suivant, de devenir maître son destin, de pouvoir choisir son avenir. C'est là le coeur de la poésie, de la création. L'acte créatif agit alors comme un médicament. L'engagement de l'artiste, c'est son honnêteté, un effort quotidien. C'est de ne pas se laisser manipuler, de tenter de constituer un contre-pouvoir face à un pouvoir organisé, par exemple à travers la création de comités de vigilance. Mais la création a besoin d'un respect politique pour s'épanouir (dans le sens d'une organisation de la cité). Or ce respect est remis en cause par la fragilisation du statut des intermittents, le retrait de subventions... Comment créer une pièce de théâtre si l'Etat se retire ? L'art devient alors un commerce. On assiste à la mise en route d'une dégénérescence de la culture à travers une politique anticulturelle, qui ne respecte pas les artistes.

Pour finir « Un bon artiste est un exilé capable de se créer un 2e exil en exil. »

Sur le web avec Didier Daeninckx

Que dit le réseau des réseaux à propos de l'auteur de Meurtres pour mémoire ?

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