Jeudi 2 février 2012 – 20h30
L’Etat démantelé, enquête sur une révolution
silencieuse
Dans le débat public, les diagnostics alarmistes sur la « crise de
l’État-providence », et les procès contre l’État-redistributeur, ont laissé
place à toujours plus d’injonctions à « réformer l’État ». Cet impératif
est devenu le point de ralliement d’élites politiques (de droite comme de
gauche), de hauts fonctionnaires nationaux et internationaux, mais aussi des
intellectuels les plus en vue, de journalistes, voire de certains
syndicalistes. Que recouvre cette « réforme de l’État » ? Comment
a-t-elle été mise en œuvre depuis vingt ans ? Quelles sont les
conséquences pour le service public et les usagers de cette révolution
silencieuse ? Car, si les réformes néolibérales de l’État s’effectuent
parfois à grand renfort de publicité (privatisation de La Poste, restrictions
des budgets de l’hôpital public ou de l’Éducation nationale), elles sont le
plus souvent invisibles, et ne rencontrent que des protestations sectorielles,
peu coordonnées, encore moins médiatisées. De l’Education nationale à la
Défense, de La Poste aux Télécommunications, de la Police à l’Hôpital, des
ministères aux agences locales, les nouvelles réglementations conduisent
subrepticement du Service public au service du public, de l’usager au client,
du Statut à la responsabilité comptable. Manifestement, un « modèle de
société » est en jeu.
Avec Laurent Bonelli, maître de conférences en science
politique à l’université Paris-X (Nanterre).

