On a reçu un type formidable, Alain Cadu, prof d'anglais à Niort et grand érudit en matière de JO. En effet, Alain a passé plusieurs années de passion à retracer les JO antiques et à les mettre en parallèle avec ceux de notre époque.
Première grande surprise : nos JO modernes n'ont rien à envier à leurs antiques racines en matière de marketing et de pouvoir. Pire, les JO antiques n'acceptaient que le vainqueur, le second et le troisième pouvaient disparaître. Etre vainqueur était le but ultime. Celui-là, on lui accordait la belle vie jusqu'à la fin de ses jours.
Par ailleurs, les JO antiques étaient une vitrine formidable pour les Etats et les villes participantes. On présentait des champions qui établissaient la puissance de leur provenance. On songe aux pays de l'est qui participaient aux JO modernes durant la Guerre Froide...
Alain Cadu nous a également entretenu du fait que les JO antiques ont duré légèrement plus longtemps que nos Jeux modernes : 291 éditions entre 776 avant JC et 393 de notre ère, soit quand même plus de 1000 ans de Jeux sans jamais aucune violation du site, malgré les guerres.
Dans l'antiquité, les Jeux ont eu lieu à Olympie bien sûr, mais aussi à Delphes, Némée, Corynthe et Athènes. C'est à Olympie que se déroulaient les Jeux Olympiques à proprement parler. Là se réunissaient quelques 50.000 spectateurs, masculins pour l'essentiel, venant de contrées parfois lointaines. Les femmes a priori étaient exclues du public et des épreuves, mais les femmes de mauvaise vie fréquentaient le site, et quelques épreuves ont été ouvertes au sexe faible, dédiées à Era.
La nudité des athlètes a été admise rapidement, le climat et la civilisation de l'époque n'y accordant aucun intérêt. Ne participaient aux épreuves que les aristocrates, et le premier recevait une couronne tressée de laurier ou d'olivier comme récompense sur le terrain...
Les compétitions étaient centrées autour de l'athlétisme, de la lutte et des courses de chars. Les stades n'étaient pas circulaires comme aujourd'hui, les athlètes devaient donc courir en ligne droite, passer une borne et revenir à fond de train. Quant aux lutteurs, c'était parfois la mort de l'adversaire qui déterminait le vainqueur. Ainsi, Arachion est le premier lutteur mort a avoir été proclamé vainqueur : son adversaire a fait le signe aux juges de son abandon alors qu'il avait étranglé le pauvre Arachion...
On peut penser que la tricherie est un signe moderne des JO, il n'en est rien. Le pire tricheur a été Néron, l'empereur Romain, qui a participé aux JO avec 6 victoires gagnées en maltraitant le règlement des Jeux.
A cette époque, les Jeux n'étaient plus grecs, mais romains. Les empereurs voulaient marquer de leur empreinte la tradition des Jeux.
C'est le christianisme qui a mis fin aux Jeux, en 393, parce que païens. Il reste des foules de sculptures, souvent démembrées mais bien réelles qui témoignent de l'importance des Jeux. Souvent, la sculpture et la peinture ont pris comme modèle les athlètes des JO.
C'est en 1900 que les premières athlètes féminines sont entrées dans les Jeux modernes, c'est-à-dire lors de la deuxième olympiade. En toute logique, si l'on s'en tient au principe antique, les JO modernes devraient se tenir tous les quatre ans au même endroit, sur un site marqué par les valeurs sportives et religieuses.
Alain Cadu prépare un livre sur cette histoire tumultueuse et passionnante, nous ne manquerons pas de vous faire part de sa parution.
Merci à Colette pour ses notes.

